Chronique du concert d’Extreme au Bataclan le 23/06/14 – FredC

Je les avais déjà vus il y a une vingtaine d'années à l'époque de Three sides... puis Waiting for the punchline et cela avait déjà été deux grosses claques  Intéressant donc de voir si pêche et musicalité était toujours présentes pour ce concert très particulier puisque le groupe ne proposait ni plus ni moins que de jouer l'énormissime Pornograffitti dans son intégralité et avec le quasi Line up d'origine (batteur excepté mais ils n'ont pas perdu au change avec un très bon remplaçant). 

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On passera rapidement sur la 1ère partie The New Princess, groupe français dont on n'a pas pu véritablement apprécier le répertoire vu le son quelque peu gloubiboulga desservi par la sono. À noter néanmoins, le très bon goût du guitariste qui était chaussé d'une très belle... EVH Wolfgang couleur crême (remarque en toute "objectivité" bien entendu. Dès les premières notes de piano et la pluie qui se font entendre, on reconnaît l'intro de Decadence Dance qui indique donc que l'album va être joué dans l'ordre chronologique. Dès cet instant, la salle est chauffée à blanc et le restera tout au long du concert ! 

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Ce qui frappe dès les premières minutes du set, c'est la gestuelle toujours aussi dansante et caractéristique de Garry Cheronne... Ce gars est fait pour Extreme et ses rythmiques !

Les rythmiques, parlons en : je ne vais évidemment pas vous égrainer un par un les titres mais c'est un kif total d'entendre jouer cet album de bout en bout et écouté je ne sais combien de fois... Car le père Nuno et la rythmique guitare, ça ne fait qu'un ! Comme un certain "maître néerlando-américain", si on peut être impressionné par les solos du bonhomme, c'est aussi par ses rythmiques qu'il nous ratatine... car notre Nuno n'a rien (mais alors rien !) perdu de sa virtuosité ni de son coup de poignet !

J'ai beau avoir le songbook de l'album, je n'ai pas pu m'empêcher de regarder la main gauche de notre fou furieux pour constater qu'il plaque tout sauf des power chords de base... Je le savais mais avais oublié que c'était à ce point là...

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Côté son, dommage qu'on n'ait pas pu mieux apprécier les détails vu la mauvaise balance pendant un bon tiers du concert... Fallait donc tendre l'oreille et connaître par cœur les titres par moment pour se repérer... Fort heureusement, ça n'a fait que s'améliorer au fil du concert. 

Il y eut bien évidemment LE moment tant attendu par beaucoup avec More Than Words... où Cheronne aurait pu aller faire une pause tant le public s'était accaparé le chant... grand moment (même si ce n'est pas mon titre préféré) et on imagine toujours les frissons que doivent ressentir les artistes d'entendre leurs morceaux repris par le public de la sorte...

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Côté matos, Nuno est toujours aussi fidèle à Washburn et sa N4 qui arrache toujours aussi grave... faut dire, vu les doigts qui l'a font sonner hein... Et entre autres morceau de bravoure avec la N4, on a bien sûr eu droit à la dantesque intro de He Man Woman Hater et son vol du bourdon revisité : une pure tuerie reproduite note pour note en live !

Tout cela nous amène au génial et final de l'album avec Hole Hearted interprété sur une 12 cordes de toute beauté... Et alors là vous vous demandez : même si Pornograffitti contient 13 titres, ' font quoi comme rappel une fois que c'est terminé, ' recommencent pas depuis le début quand même ? 😉

Évidemment non et là franchement, ils ne se sont pas fichus de leur public car on a eu droit à 5 titres répartis sur les autres albums : le décapant Play With Me du 1er album, Rest In Peace, une bonne partie de Everything Underground The Sun (le morceau faisant quand même 21' !) tous deux issus de Three Sides..., un "petit" détour par Waiting For The Punchline avec un autre morceau de bravoure : le monstrueux instrumental acoustique Midnight Express, là aussi interprété à la perfection note pour note avec un son qui claquait comme sur l'album ! Le concert s'est enfin terminé sur le syncopé Cupid's Dead (argh... pouvait pas trouver meilleur final ! 😉 issu également de Three sides. 

Bref, un set de deux heures pleines et un Pornograffitti interprété de main de maître où tout y était quasi, entre les chœurs complexes et les nombreux fills de Bettencourt... Une belle démonstration donc qu'Extreme est toujours Extreme : chantant, dansant, musical, virtuose. Pour tout dire : la classe totale.

La salle ne s'y est pas trompée vu l'accueil réservé au groupe qui semble aussi avoir apprécié sa soirée vu les bananes tout le long du concert sur le visage des quatre musiciens, je peux vous le dire, vu comme on était excellemment bien placés.

Tout cela semblait très sincère si on en juge par le bain de foule (littéralement !) que s'est octroyé le groupe une fois les lumières rallumées.

Re-bref, on a donc bien hâte d'écouter leur nouvel opus puisque le groupe travaille sur son 6e album qui doit sortir d'ici la fin de cette année.

Et si vous avez l'occasion de les voir sur scène, ne les loupez surtout pas !

FredC.

PS : n'hésitez pas à (ré)écouter l'interview de Nuno réalisée en 2010 lors de son passage à Paris en tant que guitariste de Rihanna.

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