Si vous n’avez pas encore eu l’occasion d’assister à un Master Class, précipitez-vous au premier qui se présente près de chez vous (pour peu qu’il sied à vos goûts musicaux bien sûr), vous ne le regretterez pas !
Nous avons assisté avec Pierre la semaine dernière à celui de Pierrejean Gaucher et de son fabuleux trio Melody Makers à l’école Atla ; inutile de vous dire que nous nous sommes ré-ga-lés !…
Il existe plusieurs formules de Master Class, celui-ci n’était pas axé sur la pratique mais invitait, via la découverte de l’univers musical du trio, à mieux comprendre comment pouvait se bâtir un titre ; au travers de sa structure, son ambiance ou de l’interaction générale entre les musiciens.
Une réussite d’abord dans le rythme (c’est le cas de le dire
mais j’y reviendrai…) de cette session, puisque le set du groupe était émaillé (environ tous les 3 ou 4 titres), de commentaires de Pierrejean Gaucher sur leur genèse et comment ils avaient été abordés musicalement.
Evidemment ensuite dans le set lui même qui visita les deux albums du trio Melody Makers, celui de 2009 (album composé de reprises de titres célèbres Pop / Rock à la sauce Jazz) et Melody Makers II tout récemment sorti fin 2012.
Que dire… si ce n’est du grand Art couplé à de la haute voltige ! Ces trois musiciens s’entendent (et s’entendent !) parfaitement musicalement et leur complicité n’a d’égal que leur dextérité…
Il était d’ailleurs tout aussi intéressant d’écouter le trio (surtout dans de telles conditions de proximité) que de les observer se regarder : on devinait un « tiens, je prends ce chemin, tu me suis ?!… » par ci ou un « Allez, on raccroche les wagons après cette mesure… » par là…
Si nous fûmes scotchés sur Pierrejean dont le jeu tout en nuance fait grand emploi du vibrato et de la pédale d’expression, on n’en pinçait pas moins pour ses deux bandmates car quels musiciens ceux-là aussi !…
Un violoncelliste électrique, Clément Petit, qui manie son instrument tant à l’archet qu’au doigt, sortant des sons pas possibles et qui fredonne en arrière plan note pour note ses phrases d’impro. …
Quant au batteur… Cédric Affre, laissez-moi vous dire (pour être « batteur refoulé » moi même
) que ce type est E-NOR-ME ! Là aussi, baguettes ou balais métalliques, rythmes variés, tout en douceur ou en puissance… la très grande classe…
Enfin, quel plaisir de terminer après la fin du set par une série d’échanges entre l’auditoire et le groupe sur tout un ensemble du sujets, évidemment musicaux et instrumentaux.
J’ai lancé la discussion en demandant à Pierrejean pourquoi les Jazzmen utilisaient si peu (voire pas du tout) les bends dans leur jeu…
Hormis les tirants de cordes sur certains modèles de guitare Jazz rendant la chose impossible, il reconnut en effet (même si certains grands guitaristes n’ont pas besoin de cette technique pour enrichir leur palette) qu’il s’agissait bien là d’un espace d’expression pour lequel il n’y avait pas encore de passerelle entre les deux mondes Jazz et Pop-Rock…
Fut également abordé un thème ô combien important en musique et pour le jeu en groupe, celui du rythme ! On eut droit à un rappel des fondamentaux par Cédric concernant la différence entre tempo et rythme… Et donc ? : faites nous part de vos définitions dans les commentaires ! (sans aller fureter sur la toile, cela va sans dire
) Et le Trio se fendit d’une démonstration par l’exemple sur la notion toute relative du rythme qui peut évidemment varier tout au long d’un morceau…
Bref, une soirée pleine de bonne nourriture pour les oreilles et la tête avec des musiciens tout aussi talentueux qu’érudits de science musicale et qui plus est, non dénués d’humour puisque les chambrages entre les membres n’ont pas manqué sur les petits défauts dont chacun s’affuble à son poste de musicien…
Du Master Class de chez classe !
Fred.






Cher Pierre,











